lundi 30 avril 2012

Besoin d'information sur la douleur ? Vite, mon IPhone !

Guide pratique, aide-mémoire, cahier de protocoles, pense-bête : les établissements de santé développent, chacun de leur côté, leurs propres outils pour aider chaque professionnel de santé à prendre en charge la douleur des patients hospitalisés. Ces documents sont le plus souvent élaborés par les Comités de LUtte contre la Douleur (CLUD), qui travaillent, pour la plupart, chacun de leur côté…

L'équation est donc la suivante : nombre de documents élaborés x nombre de CLUD = une base de donnée difficile à quantifier, probablement énorme mais très peu partagée… Pourquoi cela ? La majorité des documents est située dans des classeurs papiers, dans les poches des blouses ou au fin fond de logiciels de gestion documentaire (avec codes d'accès) : très peu sortent de leur lieu de fabrication !

A l'heure des nouvelles technologies de l'information et de la communication, l'initiative conjointe de l'institut UPSA de la Douleur et du CLUD de l'Assistance Publique – Hôpitaux de Paris mérite d'être saluée :



D'un partenariat efficace est née une application très complète, balayant tous les champs de la prise en charge de la douleur et offrant des solutions pratiques à tous les professionnels de santé. Développée pour le système d'exploitation IOS d'Apple, cette application est utilisable sur un mobile IPhone ou une tablette IPad.



Les utilisateurs du système d'exploitation Android (dont je suis) devront encore attendre, changer de matériel ou emprunter celui de leurs collègues…

mardi 24 avril 2012

La douleur chronique à l’épreuve du photomaton ?

L’imagerie du cerveau est à la mode. Grande est la tentation d’en faire un outil de diagnostic de la douleur chronique : enfin les patients pourraient prouver qu’ils ont bien quelque chose ; enfin les systèmes d’assurance maladie pourraient avoir la preuve objective de la douleur de leurs assurés. En quelques clichés, le diagnostic de syndrome douloureux chronique serait ainsi confirmé et son intensité évaluée… Science fiction ?



La revue Pain (Elsevier) publie une courte synthèse [1] sur la place potentielle de l’imagerie cérébrale dans un contexte de douleur chronique, en mettant en balance les données les plus récentes de la science et des considérations d’ordre éthique.


C’est un fait, d’un point de vue purement théorique, l’imagerie cérébrale de la douleur pourrait rendre des services pour :
  • Optimiser les traitements médicamenteux (efficacité et sécurité) en étudiant la réponse cérébrale;
  • Diagnostiquer la douleur chez les personnes non-communicantes;
  • Personnaliser la prise en charge, médicamenteuse et non médicamenteuse, élaborée « sur mesure » en fonction des réponses individuelles;
  • Améliorer la prise en charge médico-économique, en validant les données de l’évaluation clinique (subjective).

Par contre, le risque d’erreur et/ou de mauvais usage semble important, ce qui peut avoir des conséquences très néfastes :
  • En cas de faux négatif : refus de traitement, conséquences psychologiques et socio-économiques, perte de confiance entre le patient, les soignants et l’entourage;
  • En cas de faux positif : traitement inutile voire dangereux chez des patients non-communicants;
  • Dans tous les cas : mauvaise utilisation des ressources humaines, matérielles et financières mises à dispositions par les autorités de santé.

A ce jour, les données actuelles de la science ne sont pas suffisantes pour définir un ou des « bio-marqueurs » cérébraux permettant de dépister et de quantifier la douleur chronique. Le seront-elles un jour ? Est-ce à souhaiter ? Rien n’est moins sûr… Vouloir réduire l’évaluation d’une expérience individuelle subjective multidimensionnelle à la lecture de quelques clichés d’imagerie : est-ce bien raisonnable ?

Référence
1. Davis KD, Racine E, Collett B. Neuroethical issues related to the use of brain imaging: Can we and should we use brain imaging as a biomarker to diagnose chronic pain? Pain 2012, http://dx.doi.org/10.1016/j.pain.2012.02.037

vendredi 20 avril 2012

Fentanyl transmuqueux : une mise au point déjà controversée

La revue Douleurs (Editions Elsevier-Masson) publie dans son premier numéro de l'année 2012 une "mise au point sur l’utilisation du fentanyl transmuqueux chez le patient présentant des douleurs d’origine cancéreuse" [1]. Ce texte a été rédigé par un groupe de 13 experts, nommés par 3 sociétés savantes : l’Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support (AFSOS), la Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur (SFETD) et la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP).


Première controverse : le groupe d'expert se positionne pour une définition large de l'accès douloureux paroxystique (ADP) : "exacerbation transitoire et de courte durée de la douleur, d'intensité modérée à sévère, survenant sur une douleur de fond contrôlée par un traitement opioïde fort efficace". Cette définition concerne donc, selon les auteurs, aussi bien des douleurs spontanées que des douleurs prévisibles, telles que les douleurs provoquées par les soins. En l'absence de consensus international sur ce qu'est un ADP [2], ce positionnement dans la douleur provoquée par les soins est loin d'être consensuel.

Deuxième controverse : 9 des 13 experts, dont le président du groupe de travail, sont en situation de conflit d'intérêts majeurs (voir article de mon blog), du fait de leurs liens d'intérêts avec au moins un des laboratoires pharmaceutiques commercialisant un forme de fentanyl transmuqueux. Toutes les préconisations de cette mise au point étant des "accords professionnels", elles ne reposent par ailleurs sur aucun niveau de preuve scientifique, mais sur la seule expérience des experts.

Alternative (gratuite) : consulter la fiche de bon usage du médicament de la Haute Autorité de Santé "Les médicaments des accès douloureux paroxystiques du cancer" (mise à jour en septembre 2011).

dimanche 15 avril 2012

Stimulation médullaire : soulager le dos en plus de la jambe ?

Après cure chirurgicale d'une hernie discale, certains patients développent un syndrome douloureux chronique que les anglo-saxons nomment "failed back surgery syndrome" (FBSS), ce qui peut se traduire par "syndrome de l'échec de la chirurgie rachidienne". Cette locution regroupe des situations différentes : lombalgies mécaniques, sciatalgie neuropathique, ou, le plus souvent, association des deux.

La stimulation médullaire a démontré son efficacité dans la prise en charge de la sciatalgie neuropathique post-chirurgicale : la plus grande étude réalisée démontre un soulagement de la moitié de la douleur chez la moitié des patients opérés. Mais une fois la sciatalgie neuropathique en partie soulagée, qu'en est-il de la lombalgie ?
Pouvoir soulager la lombalgie, en plus de la sciatalgie, en cas de FBSS constitue un challenge important : la stimulation médullaire ne pourrait-elle pas rendre ce double service ? L'équipe du CHU de Poitiers fait partie de ceux qui tentent d'en amener la preuve…


Le développement de nouvelles électrodes (plus larges, avec plus de plots) permet d'envisager une stimulation corporellement plus étendue.


Leur article, publié récemment dans la revue internationale de neurochirurgie, donne des résultats prometteurs, puisque 9 des 11 patients implantés avec une électrode "tripolaire" (Specify 5-6-5, Medtronic) ont témoigné d'un territoire de stimulation couvrant à la fois le dos et le membre inférieur douloureux. Six mois après l'implantation, l'intensité douloureuse moyenne était de 0,5/10 au niveau du membre inférieur et de 1,5/10 au niveau lombaire, contre respectivement 7,6/10 et 7,8/10 avant l'implantation.

Ces résultats sont troublants : ils tendent en effet à démontrer qu'une stimulation du système nerveux au niveau médullaire pourrait à la fois soulager des douleurs neuropathiques (sciatalgie) et des douleurs nociceptives (à forte composante musculaire)… Voilà une perspective qui risque de faire couler beaucoup d'encre et de générer beaucoup d'espoir, compte-tenu de la fréquence de la lombalgie chronique ! A suivre…

Référence : Rigoard P, Delmotte A, D'Houtaud S, Misbert L, Diallo B, Roy-Moreau A, Durand S, Royoux S, Giot JP, Bataille B. Back pain: a real target for spinal cord stimulation? Neurosurgery 2012;70:574-84.

Information complémentaire : l'émission Allo Docteurs (France 5) du 10 avril 2012, sur le thème "Après la chirurgie : quelles douleurs ?", comprend 2 reportages sur la stimulation médullaire tournés au CHU de Poitiers.

mercredi 11 avril 2012

Clonazépam (RIVOTRIL®) : un sevrage dans la douleur ?

Les nouvelles conditions de prescription et de délivrance des formes orales de clonazépam (Rivotril®) sont rentrées en vigueur le 15 mars 2012 (voir article de mon blog). Presque 1 mois plus tard, quelles sont les conséquences à l'échelle de la population française d'un tel sevrage de masse ? Difficile de répondre à cette question…


Au cours de de mon activité clinique je rencontre plusieurs situations :
  • Majoritairement des sevrages progressifs qui se déroulent sans grande difficulté pour peu que la prise en charge de la douleur, médicamenteuse ou non médicamenteuse, soit optimisée dans le même temps.
  • Dans certains cas, aucun sevrage n'est mis en place, soit parce que le patient a fait des réserves (à la dose de 5 gouttes par jour, un flacon dure 3 mois…) et ne souhaite en aucun cas arrêter, soit parce que les pharmaciens d'officine en sont restés aux règles définies en août 2011 (prescription pour 28 jours sur ordonnance sécurisées). Ces situations peuvent constituer de véritables bombes à retardement, surtout si les patients comptent sur les neurologues pour obtenir des prescriptions en dehors de l'épilepsie…
  • Dans d'autres cas, le sevrage est réalisé dans de mauvaises conditions et a des conséquences sur l'état de santé des patients. Ce fut le cas récemment pour un des patients que je suis, chez qui la prise de 30 gouttes de clonazépam (depuis plusieurs années) a été remplacée brutalement par celle du plus faible dosage (25 mg le soir) de prégabaline (LYRICA®). Conséquence immédiate : syndrome de sevrage sévère, avec irritabilité majeure, et reprise rapide du clonazépam. Nous avons ensemble mis en œuvre un nouveau sevrage plus progressif, comme recommandé par l'AFSSAPS [1].

En guise d'illustration concrète, voici (avec son autorisation, je l'en remercie) le courrier que Monsieur Christian HAGER, habitant Obernai (67), vient d'adresser au Ministre de la Santé :

Monsieur le Ministre,

Par la présente, j’ai l’honneur d’attirer votre attention sur le cas de ma mère, une personne âgée de 86 ans (…). Elle s’est vue prescrire du Rivotril, pendant des années par son médecin traitant. Aujourd’hui, son état de santé se dégrade, du fait qu’elle ne puisse plus prendre ce médicament. Ce médicament étant exclusivement réservé depuis février 2012 aux personnes souffrant d’épilepsies et uniquement prescrit par des neurologues. Les médicaments de substitution se sont montrés à ce jour, totalement inefficaces pour atténuer le bien être que procurait à ma mère, le Rivotril. D’autre part, il est totalement impossible de consulter un neurologue pour ce problème : délais d’attente plus de 6 mois, carnets de rendez-vous surchargés, les neurologues ne veulent pas entendre parler du Rivotril.

Ma mère qui était alerte, vaillante, qui arrivait à se déplacer, est aujourd’hui dans un état de santé lamentable. Elle n’arrête pas de trembler et se déplace avec un déambulateur depuis qu’elle ne prend plus ce médicament. Je ne comprends pas que la médecine ne soit pas capable de faire la part des choses et qu’elle ne tienne pas compte de l’efficacité et de l’accoutumance créée par un médicament chez une personne âgée de 86 ans ? Pourquoi les services qui sont à l’origine de l’interdiction de la prescription du Rivotril par les médecins généralistes n’ont-ils pas encadré les conséquences du manque de ce médicament chez certains patients âgés. Je considère ma mère en danger, sa santé est très altérée et je vous demande assistance pour ce problème.


Dans l’attente d’une action et d’une réponse de vos services à ce problème, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma considération très respectueuse.

Une chose est sûre, le sevrage du clonazépam (RIVOTRIL®) ne se fait pas toujours sans douleur ! Problème important : les recommandations diffusées par l'AFSSAPS [1] semblent insuffisamment connues des professionnels de santé et donc insuffisamment utilisées, et ce sont les patients qui en payent directement le prix… Mobilisons-nous pour les diffuser, et au plus vite !

Référence
1. AFSSAPS. Clonazépam (RIVOTRIL®) per os utilisé hors AMM (notamment dans la douleur, les troubles anxieux et du sommeil) - Pourquoi et comment arrêter ?

dimanche 8 avril 2012

Etre opéré, ça peut faire mal, et pour longtemps !

Nous sommes en 2007 dans la ville de Tromsø, située dans le nord de la Norvège : les habitants sont invités à participer à une grande enquête destinée à évaluer la prévalence de la douleur chronique [1]. Au total, 12982 habitants ont pu être recrutés : parmi eux, 32,7% ont déclaré une douleur chronique, c’est-à-dire une douleur « persistante ou constamment récurrente depuis au moins 3 mois ». Ce chiffre correspond globalement aux autres études de grande ampleur réalisées en Europe : environ 1 personne sur 3 souffre de douleur chronique…




Parmi les 12982 personnes interrogées, 2043 avaient subi une intervention chirurgicale il y a plus de 3 mois et moins de 3 ans. Parmi ces 2043 personnes :
  • 40,4% (soit 826 personnes) présentaient toujours des douleurs dans la région opérée. Cette fréquence était plus importante en cas de chirurgie des membres (62,4% soit presque 2 cas sur 3) qu’en cas de chirurgie du tronc (24,6% soit environ 1 cas sur 4) ;
  • 18,3 % (soit 373 personnes) présentaient des douleurs modérées ou sévères. Dans les autres cas, les patients présentaient au plus une douleur d’intensité faible ;
  • 24,5% (soit 501 personnes) présentaient une hypoesthésie (perte de sensibilité) et/ou une hyperesthésie (sensibilité accrue) dans la zone de la cicatrice : ces éléments cliniques font évoquer la présence de douleurs neuropathiques.

Curieusement, seuls 51% des 826 patients opérés et douloureux ont répondu « oui » à la question « présentez-vous une douleur persistante ou constamment récurrente depuis au moins 3 mois ? ». La moitié des patients présentant une douleur au moins 3 mois après une chirurgie n’avait donc même pas conscience de présenter une douleur chronique…


Dans cette étude norvégienne, la douleur chronique post-opératoire est donc :
  • très fréquente (2 personnes opérées sur 5), surtout après chirurgie des membres
  • parfois sévère (1 personne opérée sur 15)
  • manifestement sous-estimée (1 personne sur 2 n’a pas conscience de présenter une douleur chronique)

Sauf à considérer que les habitants de Tromsø sont différents des autres européens, ces résultats donnent à réfléchir avant d’envisager un geste chirurgical ; l’information du patient sur les risques de douleur chronique post-opératoire apparaît en tous cas primordiale pour obtenir un consentement réellement éclairé…

Référence
1. Johansen A, Romundstad L, Nielsen CS, Schirmer H, Stubhaug A. Persistent postsurgical pain in a general population: prevalence and predictors in the Tromsø study. Pain 2012, http://dx.doi.org/10.1016/j.pain.2012.02.018

mercredi 4 avril 2012

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la douleur en moins de 5 minutes…

Le gouvernement australien a décidé en juillet 2011 de mettre en place un réseau national d’associations de professionnels de santé de première ligne : il s’agit des « Medicare Locals », entités légales et indépendantes contribuant à la qualité des soins.

La « Hunter Urban Medicare Local » a réalisé une vidéo de 5 minutes très originale et très pédagogique sur le thème « Understanding Pain: What to do about it in less than five minutes? » (comprendre la douleur : que peut-on faire en moins de 5 minutes ?).




A l’aide d’un coup de crayon particulièrement efficace, la voix off décrit les principaux aspects de la prise en charge de la douleur, y compris lorsqu’elle devient chronique. A voir et à revoir sans limite, pour ceux qui pratiquent la VO non sous-titrée en langue anglaise. A quand ce type d’information en langue française ?

dimanche 1 avril 2012

Prescription hors AMM et conflits d'intérêts : quel impact de la loi du 29 décembre 2011 sur la prise en charge de la douleur chronique ?

Dans la série "plus jamais ça", l'affaire de MEDIATOR® a grandement contribué à la promulgation par les pouvoirs publics d'une nouvelle loi [1], modifiant le contenu du Code de la Santé Publique (CSP). Cette nouvelle loi affiche un objectif clair : "renforcer la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé".


Trois dispositions impactent directement la prise en charge de la douleur chronique :

1/ Les modalités de prescription d'un traitement en dehors de son autorisation de mise sur le marché (cela peut être le cas dans le traitement de certaines douleurs, comme la douleur neuropathique) sont clairement définies par l'article L. 5121-12-1. du CSP :
  • "I. Une spécialité pharmaceutique peut faire l’objet d’une prescription non conforme à son autorisation de mise sur le marché en l’absence d’alternative médicamenteuse appropriée disposant d’une autorisation de mise sur le marché ou d’une autorisation temporaire d’utilisation, sous réserve : 1/ Que l’indication ou les conditions d’utilisation considérées aient fait l’objet d’une recommandation temporaire d’utilisation établie par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, cette recommandation ne pouvant excéder trois ans ; 2/ Ou que le prescripteur juge indispensable, au regard des données acquises de la science, le recours à cette spécialité pour améliorer ou stabiliser l’état clinique du patient.
  • II. Les recommandations temporaires d’utilisation mentionnées au I sont mises à disposition des prescripteurs.
  • III. Le prescripteur informe le patient que la prescription de la spécialité pharmaceutique n’est pas conforme à son autorisation de mise sur le marché, de l’absence d’alternative médicamenteuse appropriée, des risques encourus et des contraintes et des bénéfices susceptibles d’être apportés par le médicament et porte sur l’ordonnance la mention : “Prescription hors autorisation de mise sur le marché. Il informe le patient sur les conditions de prise en charge, par l’assurance maladie, de la spécialité pharmaceutique prescrite. Il motive sa prescription dans le dossier médical du patient."

2/ Les associations constituées par des professionnels de santé pour améliorer la prise en charge de la douleur ne peuvent plus recevoir de dons de la part de l'industrie pharmaceutique, du fait de la modification de l'article L4113-6 du CSP :

"Est interdit le fait, pour les étudiants se destinant aux professions relevant de la quatrième partie du présent code et pour les membres des professions médicales mentionnées au présent livre, ainsi que les associations les représentant, de recevoir des avantages en nature ou en espèces, sous quelque forme que ce soit, d'une façon directe ou indirecte, procurés par des entreprises assurant des prestations, produisant ou commercialisant des produits pris en charge par les régimes obligatoires de sécurité sociale. Est également interdit le fait, pour ces entreprises, de proposer ou de procurer ces avantages."

  • Par contre, les professionnels de santé (et leurs associations) peuvent continuer à recevoir des rémunérations pour des travaux de recherche et des évaluations scientifiques sur la douleur :
"Toutefois, l'alinéa précédent ne s'applique pas aux avantages prévus par conventions passées entre les membres de ces professions médicales et des entreprises, dès lors que ces conventions ont pour objet explicite et but réel des activités de recherche ou d'évaluation scientifique, qu'elles sont, avant leur mise en application, soumises pour avis au conseil départemental de l'ordre compétent et notifiées, lorsque les activités de recherche ou d'évaluation sont effectuées, même partiellement, dans un établissement de santé au responsable de l'établissement, et que les rémunérations ne sont pas calculées de manière proportionnelle au nombre de prestations ou produits prescrits, commercialisés ou assurés. Il ne s'applique pas également aux avantages prévus par conventions passées entre des étudiants se destinant aux professions relevant de la quatrième partie du présent code et des entreprises lorsque ces conventions ont pour objet des activités de recherche dans le cadre de la préparation d'un diplôme."

  • Ils peuvent également toujours bénéficier d'invitations en congrès scientifique sur le thème de la douleur :
"Il ne s'applique pas non plus à l'hospitalité offerte, de manière directe ou indirecte, lors de manifestations de promotion ou lors de manifestations à caractère exclusivement professionnel et scientifique lorsqu'elle est prévue par convention passée entre l'entreprise et le professionnel de santé et soumise pour avis au conseil départemental de l'ordre compétent avant sa mise en application, et que cette hospitalité est d'un niveau raisonnable et limitée à l'objectif professionnel et scientifique principal de la manifestation et n'est pas étendue à des personnes autres que les professionnels directement concernés. Il en va de même, en ce qui concerne les étudiants se destinant aux professions relevant de la quatrième partie du présent code, pour l'hospitalité offerte, de manière directe ou indirecte, aux manifestations à caractère scientifique auxquelles ceux-ci participent, dès lors que cette hospitalité est d'un niveau raisonnable et limitée à l'objectif scientifique principal de la manifestation."


3/ Enfin, cette loi entend renforcer la transparence des liens d'intérêts entre les professionnels de santé et l'industrie pharmaceutique (voir article de mon blog), grâce à la publication d'une déclaration d'intérêts, citée dans l'article L. 1451-1. du CSP :

"Elle mentionne les liens d’intérêts de toute nature, directs ou par personne interposée, que le déclarant a, ou qu’il a eus pendant les cinq années précédant sa prise de fonctions, avec des entreprises, des établissements ou des organismes dont les activités, les techniques et les produits entrent dans le champ de compétence de l’autorité sanitaire au sein de laquelle il exerce ses fonctions ou de l’organe consultatif dont il est membre ainsi qu’avec les sociétés ou organismes de conseil intervenant dans les mêmes secteurs. Elle est rendue publique. Elle est actualisée à l’initiative de l’intéressé."

  • Malheureusement, à ce jour, le modèle de déclaration d'intérêts, commun à toutes les autorités de santé publiques, n'est pas encore disponible…
Article L. 1451-3. du CSP : "Les conditions d’application du présent chapitre, et notamment le modèle et le contenu de la déclaration d’intérêts, les conditions dans lesquelles elle est rendue publique ainsi que ses modalités de dépôt, d’actualisation et de conservation, sont fixées par décret en Conseil d’Etat."


Référence